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Guérison (et maladie)


(extrait d'échange avec Jean-Marc Mantel sur les propos du Dr Henri F. Ellenberger)
 
 

Il convient de différencier la guérison au niveau absolu et au niveau relatif :

 
  • au niveau absolu, il n'existe de guérison que par la cessation de l'illusion de la séparation.
La guérison est de voir l'un dans le tout, et d'être ainsi établi dans la paix.
Le soin est ce qui libère du mirage de la multiplicité.
Le soulagement est de savoir que l'on est ce qu'on cherche.
La santé est unité.

La maladie peut être vue comme une réaction. Elle exprime par le corps ce que le mental exprime par la pensée.
Lorsque le désir de fuite est dominant, la maladie vient le révéler et organiser la destruction du corps.
Si le message est entendu dès l'avertissement prononcé, le cours du processus peut être modifié.
Le désir de fuite est alors remplacé par un désir de compréhension.
Le désir de compréhension est remplacé par un désir de vie.
Le désir de vie est remplacé par l'amour de vie.
L'amour de vie est remplacé par l'amour tout court.
La maladie a alors rempli son rôle d'éveil à l'amour.


 
  • au niveau relatif, on distingue plusieurs formes de guérison (7) :
. guérison spontanée
. guérison de soi par soi
. guérison de soi par autrui

Ces trois formes de guérison correspondent aux trois formes que peut prendre le verbe guérir :
. intransitive (je guéris)
. réfléchie (je me guéris)
. transitive (on me guérit)

Distinguons ensuite, dans cette dernière forme (soi par autrui), deux types de guérisons :
. charismatique (don de guérison et personnalité)
. rationnelle  (science de guérison et ses techniques)

Distinguons enfin les guérisons :
. ordinaires (qui rentrent dans le cadre de ce que la pratique médicale a démontré comme étant guérissable)
. extra-ordinaires (qui sortent de ce cadre), qui sont soit spontanées, soit charismatiques.


Rappelons que la maladie existe non seulement chez tous les animaux, mais chez les végétaux et chez les bactéries.
Dans la plus grande partie du monde vivant, nous ne rencontrons que la guérison spontanée ; en revanche, la guérison indirecte (de soi par autrui) est presque entièrement propre à l'humain, qui n'est pas assez purement animal pour suivre un instinct authentique.
La guérison de soi en faisant appel à un guérisseur spécialisé n'existe chez aucune espèce animale, mais se rencontre chez toutes les populations humaines connues.

Disons aussi l'importance du rôle joué par le psychisme du malade : la pratique médicale montre que la volonté de vivre échoue souvent, tandis que les malades qui s'abandonnent guérissent contre tout espoir.
Il semble que le phénomène de la guérison spontanée soit particulièrement fréquent en psychiatrie, dans le domaine des névroses.


Une dernière question se rapporte aux relations entre la guérison et le salut.
Malgré certaines similitudes, il n'existe pas de vrai parallèle entre le couple péché-salut (ou ignorance-connaissance) et le couple maladie-guérison.
L'affirmation suivant laquelle la maladie serait une conséquence du péché (ignorance) doit être entendue à un niveau très général et très abstrait.
La maladie s'étend sur tout le monde vivant.
Elle est très loin d'être le propre de l'humain, puisqu'elle afflige l'ensemble des animaux, des végétaux et des être unicellulaires.
Le problème anthropologique de la maladie nous renvoie en dernière analyse au problème de la solidarité de l'humain avec l'ensemble du monde vivant.